J’ai fait tenir mon entière existence,
dans les 8 grammes de ma clé
USB.
Je ne sais pas si elle s’est
alourdie,
ni même si elle a retenu la
moindre phrase
de mon ébranlement intérieur.
Ma clé USB ne craint pas les
intempéries,
Ni le feu qui guette,
imperceptible.
Pour cela, je lui fais
confiance, je la tiens dans ma poche.
Si je m’échappe de la ville,
je peux toujours hiberner dans
une zone de moindre risque,
ressasser mes 16 Gigabytes de
douloureuses introspections
Marmonner, impénitent, mon
insatisfaction globale
Je peux aussi m’effondrer sur
la route,
reçevoir la balle perdue d’une
partie de chasse,
Singer l’agonie.
Qu’on me fasse les poches,
Que restera-t-il ?
Une clé USB hermétique et
tenace
Que le voleur jettera dans les
broussailles,
Un fond d’éternité rendu à la
terre,
Biodégradable comme tout le
reste.





