samedi 19 novembre 2016

Revue d'effectifs




            
          Ce mois de novembre est pour l'instant très politique. Il me faut d'abord parler d'élections importantes aux dépens d'autres qui sont, sur le plan géopolitique, secondaires et concernent davantage les "plébéiens du monde entier" (Schopenhauer définissait ainsi ces innommables affairés qui ne mériteraient qu'un silence teinté de mépris). En un mot, mon attention de néophyte s'est posée sur la double élection moldavo-bulgare qui nous a permis de voir deux présidents pro-russes mis sur l'échiquier européen, et non sur le sort farcesque que les amerloques ont décidé de se reserver en élisant un représentant du spectacle plutôt qu'une représentante de la finance philantropique atteinte de démocratite aigue (maladie commune qui consiste à vouloir libérer un pays pétrolifère ou gazier en le bombardant, pour faire éprouver aux votants qu'ils ont affaire à un politique couillu et avisé, fût-il une femme, et offrir par la même occasion une garantie aux vendeurs d'armes et autres lobbies otanesques concernés par de telles manoeuvres). Il n'en demeure pas moins que le Trumpet Show ne laisse rien présager de bon, particulièrement en matière de bouleversement climatique. Sur ce point là, il y a de quoi alimenter la panique générale. Donc prenons note et paniquons nous aussi.

Sur le plan de l'idéologie de notre ogre blondin, dont l'élection fut envisagée il y a quinze ans dans un épisode des Simpson, on nous parle de son conseiller Bannon, responsable du site alt Right (Droite extrémiste), Breitbart, équivalent américain, la puissance en plus, du site français Francaisdsouche. En entrant sur ce dernier, pour me faire une première idée avant d'aller sur l'américain, j'ai été aussitôt matraqué par la page de garde du nouveau livre de Philippe de Villiers, la gueule de ce politique édifiant clignotant sur mon écran comme une reminiscence scabreuse d'Halloween. J'ai alors pensé au reportage que j'avais jadis lu sur les affaires de pédophilie au sein des familles catholiques. En tout cas le livre de Villiers s'appelle "Quand les cloches sonneront de nouveau", mais moi, je n'avais pas sonné les siennes. Enfin débarassé de cette sale bobine grimaçante, je suis allé voir par mes propres yeux le site de Bannon (le conseiller trumpiste), nommé Breitbart. Outre une vente de chandails prônant la fierté d'être yankee et d'élever des murs, les armes à la main, j'ai pu enfin me faire une idée de ce média. Le Monde ne disait pas tout sur ce Bannon. En effet, le Journal avait fait de ce nouveau conseiller à la Maison-Re-Blanche un antisémite notoire, et un suprématiste. Ce qu'il est. Mais Bannon se définit avant tout comme un léniniste voulant détruire l'état de l'intérieur. Il faut savoir que Breitbart a dès son origine trouvé une succursale de choix en Israël, ce que notre éminent journal français, s'est bien gardé d'exposer. Cela ne cadrait sans doute pas avec ses propres prérogatives philantropo-démocratiques et son récit de fond.

          Sur TV5 Monde, j'ai pu également voir quelques minutes du débat de la primaire de Droite, important, dans la mesure où le prochain président français se trouve dans ce tas-là. La dernière fois, les statistiques avaient montré que le mot le plus fréquent chez Juppé était "argent". Tout cela est fort comparable aux visées du faux aristocrate Montebourg. 

      Au bout d'un quart d'heure de questions-réponses, Sarkozy s'est indigné de la question légitime de Pujadas, quant à sa réception d'éventuelles enveloppes, lors de sa dernière campagne. "Vous n'avez pas honte", a assené Sarko, comme s'il s'adressait à un gosse pris en flagrant délit de vol de Chupa-Chup's chez un buraliste nonagénaire. Petits bruits de bouches indignés des autres candidats devant la provocation pujadasienne. Puis les mêmes bouches soporifères se sont exprimées comme dans une réunion UMP des plus classiques, "Alain a raison", "Je suis d'accord avec Nathalie". Si je me fie à la langue des candidats, d'ailleurs, c'est Nathalie qui méritait le pompon : "On peut pas continuer" "c'est pas la solution" "il est pas exclu que". Je ne sais pas qui a parlé de "challenge". Une faute qui est très fréquente chez les élites, ces liseurs de Renaud Camus craintifs d'un "grand remplacement", c'est l'usage impropre du verbe "avérer". "Ca s'est avéré faux". Ah ah ah! Avérer c'est se révéler être vrai. Donc c'est un verbe qui se suffit à lui-même.

        Ce débat d'idées se suffit également à lui-même.

      La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec moins d'éclats... Il serait de bon ton de faire relire les classiques aux membres de l'Ump-Les Républicains. Particulièrement la Princesse de Clèves. La langue française mériterait les efforts d'un futur président que l'on peut souhaiter détrumpisé ou à tout le moins, conscient de ce qu'il est supposé représenter.

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