jeudi 4 février 2016

Un livre d'un certain Mourre


Il n'y a que M. Victor pour parler des conflits en Inde, des guérillas marxistes qui sévissent dans l'Est du pays. Souvent, d'un point de vue géopolitique et culturel, l'Inde est négligée. C'est pourtant, plus que la Mésopotamie, après l'Afrique noire, le berceau de l'humanité. Les premières villes indiennes, enfouies non loin des côtes, en sont la preuve. Et les études génétiques montrent clairement que la migration des premiers peuples vint d'Afrique de l'Est via l'actuelle Arabie Saoudite.

Reprenant un livre de Michel Mourre consacré aux Aryens, je prends ces notes. Il est très rare que je lise sans prendre de notes. Parfois, cela reste sur des bouts de feuilles raturées, délaissées dans des tiroirs. Parfois j'apprends par coeur des passages entiers, à force de relire des fragments anotés.

Il y a des gens qui travaillent. D'autres, qui ne travaillent pas, s'ennuient. Ils sont pour moi le mystère.


"Vers 1500 avant notre ère, plus tôt peut-être, dès le début du IIe millénaire, des hommes de haute taille et au teint clair font leur apparition à la passe de Peshawar et sur les cols difficiles des montagnes de l’Hindou Kouch. Descendant vers la plaine par petites vagues successives, ils vont lentement pénétrer dans le Penjâb (autrefois Pancanada, « pays des cinq fleuves ») puis dans le bassin du Gange, enfin dans le nord du Dekkan. Frères de race des Mèdes et des Perses, ils viennent du plateau iranien. La forme la plus archaïque de leur langue, le sanskrit védique, se rapproche du « vieux perse » des inscriptions achéménides et de l’avestique des textes mazdéens anciens. Des liens plus lointains mais sûrs l’apparentent aux grandes langues européennes ; on suppose donc l’existence antérieure d’une langue indo-européenne commune.

Ils sont surtout remarquables par leur langage complexe et souple, merveilleusement adapté aux opérations mentales les plus aiguës. (…) La grâce patrimoniale des Aryens, c’est celle de l’abstraction. Appellent les races qu’ils soumettent dasas, (les accroupis, les rampants)"

Sur les textes védiques, M.Mourre écrit, mais je ne sais plus si je n'ai pas ajouté quelques mots aux siens. Mettons les guillemets par prudence et respect. "L’Inde aryanisée a laissé une immense littérature sacrée. Ce que nous en possédons n’est pourtant qu’une mince partie du fond primitif. Les œuvres connurent les aléas de la tradition orale, non par ignorance, mais par dédain de l’écriture : celle-ci n’est pendant longtemps qu’un procédé mnémotechnique. La parole est souveraine. Autant que dans le sens, la vertu des formules sacrées réside dans la justesse de l’élocution. La forme importe plus que le fond. Les textes védiques ne disent pas : « Il est écrit », mais « il est ouï ». (…) Leur composition, due probablement à des poètes religieux qui se succédaient de père en fils (c’était parfois de vrais artistes, au métier raffiné) s’étend sur une période de plus d’un millénaire, depuis Rigveda (env. 2000 – 1500 av. JC) jusqu’aux grandes Upanishads (VIIe s av. JC) mot évoquant l’idée de mystère de secret = le Véda."

J'avais noté que Atman était l'âme individuelle, le souffle vital (atmen en allemand = respirer, grec atmos = poitrine) Brahma correspondant plutôt à l'âme universelle

Le brahmane est le Tout et également l’âtman à l’intérieur du cœur. Mais cet atman est plus petit qu’un grain d’orge et cependant plus grand que la terre, plus grand que le ciel et plus grand que le monde que voici. (Chândogya Upanishad)

Puis cela devient de la prise de notes très désagréable à lire. Mais je n'en ai cure car ce blogue est surtout un pense-bête et si je m'amuse de voir qu'il est fréquenté, ce n´est pas mon obsession. Le public a si mauvais goût que je ne prends pas forcément cela pour un compliment. 

La littérature védique comprend d’abord les quatre samhitâs ou « recueils ». Védas textes rituels.

Les dieux du Véda ont une nature ambivalente : Rudra, à la fois redoutable et bienfaisant, guérit les maladies qu’il a lui-même apportées. Chasteté virile.

Rishis reçoivent le message divin : Indra, seigneur de la tempête (parent du Thor germanique, ivre parfois), Agni, personnification du feu sacrificiel, Soma, le filtre divin, recèle dans son jus la mana, la force vitale immanente qui meut l’univers. Le rta (loi impersonnelle) équivalent du tao ? Dyaush pitâ (le ciel père) Terre Dyâvâprithivî plus tard Aditi. On l’identifie parfois à la vache sacrée. Plus tard Varuna, « l’universel environnant », le ciel qui recouvre tout. Varuna part dans une optique transcendantale, vite abandonné. Varuna-Mitra représente le couple jour-nuit.

Dieu des voyages, Pûshan, gardien des routes, guide des hommes et des bêtes.

Doctrine de l’homme primitif : ce seigneur des créatures s’appelle « Prajâpati » sa plus noble partie purusha l’autre va sur terre. (oui moi je m'y retrouve)
Avant l’être et le non-être, avant la mort et la non-mort, avant la nuit et le jour, l’Un existait, mû de soi-même, enveloppé par le vide infini. Sous l’effet d’un échauffement apparut le désir, premier germe de la pensée. L’Un vint ainsi à l’être et se décomposa en deux principes, mâle et femelle, d’où procéda l’univers multiple. Le monde est émané de l’Un universel, dans lequel il continue à subsister.

Le mal n’existe pas. Les anciens Indiens s’effraient de la souillure.


Avoir pénétré l’esprit des paroles révélées n’est rien. Savoir le Véda, c’est d’abord savoir le dire.

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